Le Mans

24H Le Mans : Analyse de la course des GT1.

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Avec six GT1 fiables au départ, on pouvait s’attendre à voir les six autos franchir le drapeau à damiers dimanche à 15 heures. Au final, seulement trois GT1 ont rallié l’arrivée. Que dire de plus si ce n’est que la suprématie des Corvette officielles n’a jamais été mise à mal, ni par celles du Team Luc Alphand Aventures, ni par l’Aston Martin DBR9 du Jetalliance Racing et encore moins par une Lamborghini Murcielago invisible. Pour cette dernière année de la catégorie GT1 (dans son règlement actuel), l’intense bagarre des années passées n’a pas eu lieu, mais sur les neuf pilotes présents sur le podium, cinq d’entre eux étaient des rookies.

 

La der des der pour Corvette Racing…

Dix ans ! La présence de Doug Fehan et ses hommes aura duré une décennie en GT1, sanctionné par six succès. Une fois encore, les C6.R ont bien failli rafler le doublé mais un abandon de la n°64 de Gavin/Beretta/Fässler dimanche midi sur bris de transmission a anéanti tout espoir de doublé. Pourtant, tout avait bien commencé pour la « jaune » et la « noire » avec une domination sans partage. Personne n’est venu troubler la marche en avant des GT by Pratt&Miller. Dès la première heure de course, O’Connell/Magnussen/Garcia prenaient le large sur Beretta/Gavin/Fässler. Au gré des ravitaillements, les positions se sont échangées, et ce durant une bonne partie de la course. Cependant, dimanche matin, la bagarre s’est intensifiée avec une belle lutte entre Johnny O’Connell et Marcel Fässler, le pilote helvète allant titiller l’Américain. Marcel parvenait à passer mais au carillon des 13 heures, la n°64 devait s’arrêter peu avant le Virage du Raccordement. Une partie de l’équipe a eu beau se rendre sur place, rien n’y a fait ! Le diagnostic était irrémédiable, la transmission ayant rendu l’âme, chose rare sur cette auto. La partie n’aura pourtant pas été si simple que cela pour le trio vainqueur puisque Jan Magnussen tombait malade durant la course, laissant ses équipiers enchaîner les ravitaillements. Avec cette nouvelle victoire, Johnny O’Connell devient le premier américain à remporter l’épreuve à quatre reprises. Quant à Antonio Garcia, il monte sur la plus haute marche du podium pour la seconde année consécutive. Pas de chance pour la C6.R de Beretta/Gavin/Fässler à qui la victoire tendait les bras. Décidément, la classique sarthoise ne réussit guère à Marcel Fässler, avec un second abandon en deux éditions. Quant aux Olie’s, ils devront attendre 2010 et l’arrivée de la GT2 pour tenter de goûter de nouveau aux joies du podium.

 

Johnny O’Connell : «  Vaincre au Mans est difficile car il faut pousser tout ce que l’on peut tout en prenant soin de l’auto. Je crois que trois d’entre nous ont ou le faire même lorsque nous étions fatigués. Les « guys » de la n°64 avaient un peu plus de grip que nous dans certains virages, ce qui fait que nous avons dû pousser à chaque minute. Lorsque vous faites cela, vous commettez parfois des erreurs, mais la « 63 » a terminé la course comme elle l’a commencée ».

 

Les deux Corvette C6.R vont maintenant prendre une retraite bien méritée et Pratt&Miller va maintenant s’attaquer à un nouveau challenge, en l’occurrence la Corvette GT2. Malgré les graves problèmes financiers que rencontre actuellement General Motors, la Corvette GT2 devrait faire ses débuts à Mid-Ohio en American le Mans Series et il y a fort à parier que l’on retrouve une partie de l’équipe l’an prochain dans la Sarthe, sauf qu’en 2010, les adversaires seront Porsche, Ferrari et Aston Martin. En attendant, la Corvette C6.R tire sa révérence par une nouvelle victoire (sa 77ème), et pas des moindres…

  

Bilan mitigé pour le Team Luc Alphand Aventures…


Après un podium décroché en 2006, l’équipe de Philippe Poincloux et Luc Alphand avait de quoi nourrir de grandes ambitions avec deux autos, sachant qu’en plus l’équipe sarthoise n’avait jamais connu le moindre abandon aux 24 Heures du Mans. Si la « 72 » avait un équipage solide composé de Alphand/Goueslard/Grégoire, la « 73 » voyait deux rookies à son volant (Xavier Maassen et Julien Jousse), le troisième homme étant Yann Clairay. Lors des essais, les deux autos du LAA n’ont pas été épargnés par les problèmes mécaniques, principalement le mercredi. Le tableau de marche des deux autos était scrupuleusement respecté par les six pilotes, avec aucun risque sur la piste, les deux Corvette officielles étant intouchables et l’Aston Martin DBR9 retardée dès le début de course. Malheureusement, Patrice Goueslard se faisait proprement (si l’on peut dire) éjecter de la piste au Tertre Rouge par un pilote de prototype trop incisif. Résultat, une grosse frayeur pour Patrice et un châssis détruit. Cet accident est très dommageable car il marque le premier abandon d’une auto du team de Lucho au Mans et prive le trio d’un podium quasi assuré. Dommage pour un châssis qui devait disputer les Le Mans Series et le FFSA-GT. Parti sur un rythme prudent, le trio de la « 73 » a fait une course sans faille, les deux rookies remplissant parfaitement leur contrat. En fin de course, il n’y avait plus rien à espérer tant les écarts avec la concurrence étaient creusés. Au final, Clairay/Maassen/Jousse terminent à six tours de la Corvette de tête. Précisons que Julien Jousse remporte le Prix Jean Rondeau (meilleur espoir français), quelques années après son équipier Yann Clairay. Avec un passage en Dunlop, on pouvait légitimement craindre quant à la longévité des pneumatiques. Finalement, les gommes britanniques ont parfaitement tenu leur rôle.

 

Philippe Poincloux (Team Manager) : « Les rookies malgré leur jeune âge et le manque d’expérience sur le tracé sarthois ont tout simplement effectué un sans faute, une course parfaite. Ils ont respecté à la lettre le planning de course fixé. Il était tout simplement impossible de faire mieux compte tenu que nous ne disposons pas des évolutions moteur et aéro réservées aux Corvette usine et non disponible à la vente pour des teams privés. Je tiens à féliciter tout le staff technique pour l’admirable préparation des deux voitures ».

 

L’équipe va maintenant devoir composer avec trois séries à disputer (Le Mans Series, FIA-GT, FFSA-GT) avec à l’heure actuelle une seule auto, sachant qu’en plus les 24 Heures de Spa arrivent à grands pas. Qu’en sera t-il de la manche Le Mans Series de Portiamo et des courses suivantes ? Dommage pour une équipe qui peut légitimement jouer le titre dans les trois séries.

 

 Un podium en guise de récompense pour le Jetalliance Racing…

Si lors des 1000 km de Spa, Alex Müller avait fait parler la poudre en qualifications, l’Allemand est rentré dans le rang sur le grand circuit du Mans. Comme il nous l’avait précisé avant les essais, l’objectif était d’aller titiller les ténors en qualification. Avec divers problèmes mécaniques lors de essais et trois rookies au départ, il fallait emmagasiner un maximum d’expérience avant la course. Cependant, Alex Müller parvenait à hisser la DBR9 autrichienne à la troisième place à l’issue des essais. Si Lukas Licthner-Hoyer prenait le départ de la course de ses rêves, l’Autrichien devait rapidement stopper sa monture à son stand suite à des problèmes électroniques. Après un changement d’alternateur qui a coûté 25 minutes à l’équipage de la « 66 », le trio est reparti de plus belle, la DBR9 pointant dans les dernières places du classement général. C’est ensuite un problème de pompe à essence qui a longuement retardé l’auto, arrêtée sur le circuit. Une chose semble acquise, l’équipe de Lukas Lichtner-Hoyer repart conquise par les 24 Heures du Mans et il y a fort à parier que le Jetalliance Racing soit de nouveau de la partie en 2010. L’Aston Martin DBR9 termine finalement au 31ème rang, à près de 50 tours de la Corvette victorieuse.

 

Lukas Lichtner-Hoyer (Pilote et Team Manager) : « Après spet heures horribles, notre esprit d’équipe a finalement prévalu. Nous n’avons jamais abandonné et nous avons été récompensés. Bien entendu, nous avons été chanceux à la fin mais franchir la ligne d’arrivée, c’est tout ce qui compte au Mans. Nous avons réussi à le faire et je tiens à féliciter toute l’équipe ».

 

Avant de prendre une décision pour 2010, il ne reste plus qu’à espérer que le team s’engage sur les manches de fin de saison, que ce soit en Le Mans Series ou en FIA-GT, histoire de mettre un peu de piment dans la catégorie.

 

Lamborghini Murcielago : Un petit tour et puis s’en va…

La palme du flop de cette édition revient sans conteste au Japan Lamborghini Owner’s Club, incapable de faire plus d’un tour de piste en course. On se demande même pourquoi le team a été sélectionné et d’où provient la voiture, surtout que l’équipe est coutumière du fait. Avec des chronos en essais dignes d’une GT3, il aurait été étonnant que la Murcielago voit l’arrivée, sachant qu’aucun tour n’a été bouclé lors de la première séance et seulement 18 lors de la seconde (meilleur chrono en 4.21 mn). Il eut été dommage que l’équipe nippone ne fasse appel au Reiter Engineering pour la préparation de l’auto. N’oublions pas non plus que le team a dû se faire expédier d’Allemagne une transmission suite à un bris lors des essais. JLOC n’avait pas prévu cette pièce de rechange, sous prétexte qu’elle ne casse jamais mais rappelons qu’en 2007, la Murcielago nippone avait abandonné sur une casse de transmission. Cette fois, c’est le moteur qui a rendu l’âme après un tour de course, même si l’on peut se poser quelques questions sur cet abandon prématuré.

 

Et maintenant ?


Il en est maintenant terminé des GT1 actuelles et il ne reste plus qu’à espérer que cette catégorie perdure avec de nouvelles autos, même si la tendance va certainement vers une seule catégorie GT. Pourtant, les Nissan GT-R et autres Ford GT sont prêtes à prendre la relève. Il suffirait qu’une Ferrari 599 (notons la présence de Stéphane Ratel au côté de Luca di Montezemolo) et une Lamborghini viennent se joindre à la meute et le plateau GT1 pourrait bien faire tourner de nouveau les têtes. En attendant, la catégorie GT2 devrait s’avérer somptueuse. Merci pour toutes ces années de Corvette C5-R, C6.R, Ferrari 550, Saleen S7-R, Lamborghini Murcielago et autres Aston Martin DBR9…

 

Laurent Mercier

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