European Le Mans Series

Richard Hein : "J’en ai encore la chair de poule !"

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Avec Jacques Nicolet, son fidèle coéquipier en Le Mans Series, Richard Hein est monté sur la troisième marche du LMP2 lors des dernières 24 Heures du Mans. Un rêve devenu réalité qui est encore bien dans l’esprit du pilote de la Pescarolo-Mazda n°24. La passion est bien évidemment toujours aussi présente et la motivation plus que jamais décuplée. Richard Hein nous livre ses sentiments, avec sincérité et émotion.

 

Richard, quel bilan dresses-tu de la première journée d’essais ?

« La première séance a été un peu compliquée. Nous avons eu quelques petits problèmes techniques à régler. Chaque fois que l’on débute un meeting, il faut bien mettre les choses en place. Cet après-midi (hier), Jacques (Nicolet) a fait un léger passage dans le bac à graviers. Nous avons perdu un peu de temps, mais nous avons pu boucler notre programme de test. »

 

Comment se comporte la Pescarolo-Mazda ?

« Très bien. La voiture est tout simplement fantastique. Nous avons une aéro de fou et un châssis extraordinaire ! Les Dunlop sont également très biens : c’est l’un des bons points de la saison. Nous devons travaillé un peu au niveau de la cartographie, et après il n’y aura plus qu’à attaquer ! Nous sommes sur une pente ascendante depuis Le Mans et j’espère que cela nous permettra d’aborder 2010 à fond. »

 

Ce tracé convient-il particulièrement à la nouvelle aéro ?

« Oui, mais je dirais que ce circuit convient à une voiture qui est très bien équilibrée. C’est le cas avec la Pescarolo-Mazda. Il y a quelques virages lents, mais globalement c’est assez rapide et on voit bien les progrès fait depuis l’an dernier. En plus, Silverstone est l’un de mes circuits préférés, avec Spa ou encore Portimão, que j’ai adoré. De manière plus générale, depuis que nous avons la nouvelle aéro, nous sommes davantage en confiance. Nous avons vu que nous nous pouvions aller plus vite. Nous avons confiance en la voiture, en l’équipe, et si le moteur progresse lui aussi, nous n’avons pas fini notre marche en avant. »

 

Au Nürburgring, François Sicard parlait de déclic pour Jacques et vous. Comment cela se traduit ?

« C’est comme apprendre à lire. On peut essayer de lire mot à mot, de comprendre doucement, puis un jour on va tout analyser plus vite. Avant, on subissait la voiture. Désormais, on joue avec. Nous sommes capables de voir nos bêtises, même avant de découvrir les relevés télémétriques. Nous sommes toujours des gentlemen-drivers, mais notre façon de lire est différente. On dit parfois qu’il faut s’amuser pour être rapide. L’inverse est vrai aussi. Nous sommes désormais très à l’aise dans l’auto. Mais cela n’a pas été facile. Ça nous a demandé du boulot, et nous avons bien été aidé dans cette tâche par Matthieu Lahaye.

 

« Depuis 1996, je suis présent en sport automobile. Mais ce qui se passe cette saison, je n’avais jamais vécu cela. Nous formons une vraie équipe, comme une équipe de foot. Et je n’ai pas peur de dire que nous avons la meilleure écurie du plateau. »

 

Ce côté humain mêlé à l’aspect sportif, c’est très important ?

« Oui puisque nous roulons d’abord pour le plaisir. Tout est lié. Je me sens bien dans ce team et j’aime tous les membres qui le compose. On évolue tous ensemble et si nous continuons à travailler, je pense que Jacques et moi avons encore une bonne seconde à gagner en pilotage pur. »

 

L’an dernier, vous rouliez dans la LMP1, cette année dans la LMP2. Comment s’est passée cette transition ?

« Ça me démange de savoir si nous sommes meilleurs aujourd’hui dans la même voiture. Ce n’est pas la puissance qui me gênait, mais le grip, l’aéro. Il fallait apprendre à piloter ce genre de bolide, découvrir le LMP1, certains circuits. Il y a aussi plus de poids, moins d’agilité. Ce sont deux mondes à part, mais j’avoue que j’aimerai bien essayer la Pescarolo LMP1 avec la nouvelle aéro ! »

 

Après votre podium au Mans, quel est votre souhait ? Rééditer une telle performance, se battre plus régulièrement pour le podium en Le Mans Series ?

« Le Mans, c’est une grande dame. Si elle nous invite, c’est déjà bien. Si on peut la côtoyer par un podium, c’est un rêve. Mais pour cela, il faut être régulier, prudent et se tenir éloigner des embûches. C’est comme un jeu de fléchettes où il faut mettre à chaque fois dans le mille, chaque tour des 24 Heures représentant une fléchette. Si nous arrivons à refaire cela, nous pouvons remonter sur le podium. D’un autre côté, je crois que Jacques et moi avons tellement donné en sport auto, qu’on nous l’a rendu de façon magique. J’en ai encore la chair de poule. Je crois qu’on ne réalise pas vraiment. Je suis encore sur mon nuage et je n’ai pas envie d’en descendre.

 

« Après, oui j’aimerai me battre plus souvent en Le Mans Series. Miguel Amaral est un gentleman-driver qui conduit très bien une super voiture. Olivier Pla, c’est un extra terrestre cette saison. Mais de notre côté, nous avons un garçon comme Matthieu Lahaye, nous avons une équipe capable de lutter devant… Notre force, c’est le team, et après la voiture. »

 

Votre avenir passe-t-il donc par le LMP2 ?

« A priori oui. En toute sincérité,  peut être que c’est une catégorie qui nous est plus adaptée.  J’aimerai être plus souvent à la bagarre et je pense qu’on en est capables. Mais je ne dirais pas non à une LMP1. Le plus important, c’est le plaisir. Le plaisir avec l’équipe, et la performance vient avec. »

 

Anthony Megevand

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