Le Mans

Richard Hein : « De nouveaux horizons s’ouvrent à moi… »

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Richard Hein n’est certainement pas le pilote le plus connu du plateau. Il se fait d’ailleurs plutôt discret devant une presse qui l’a parfois snobé, y compris lors de sa troisième place en LMP2 lors des dernières 24 Heures du Mans. Dommage pour certains, tant mieux pour nous : le Monégasque est un très bon client pour une interview ! Si il est toujours aussi passionné, le gentleman-driver – il ne s’en cache pas – affiche des ambitions toujours plus grandes au fil des saisons. On le comprend aisément au cours de cette entretien…

 

Richard, comment as-tu vécu cette première partie de saison ?
« Bien. En tant que gentleman-driver, je suis ravi d’être associé à un pilote professionnel. En terme de pilotage, avec exactement la même voiture, les mêmes conditions, j’apprends énormément. Après, tout le monde ne veut pas l’entendre, mais la différence se fait sur le mental. Quand la mécanique va bien, quand on s’assoit dans une voiture efficace, qu’on évolue avec un team qui travaille bien et au sein duquel l’ambiance est exceptionnelle, on se fait plaisir. Et quand on prend beaucoup de plaisir, les résultats suivent. A Spa, le podium était un peu différent : il y a eu tellement de petits couacs disons gestionnaires au niveau de l’organisation… Mais au HTTT, c’était vraiment un grand plaisir. OAK Racing était à son meilleur ! »

 

Deux podiums en deux courses, tu dois y prendre goût !
« Avec six podiums lors des huit dernières courses, c’est clair que je commence à y prendre goût. L’an dernier, on devait nos podiums à nos progrès. Cette année, on doit aller à la bagarre. C’est nouveau pour moi de me battre devant. C’est très plaisant de vivre cette lutte de l’intérieur. De nouveaux s’horizons s’ouvrent à moi. Parmi eux, les débriefings sont d’un autre niveau. En 2008, c’est une saison de découverte. L’an dernier, on a eu les podiums. Cette année, je veux me battre devant. »

 

Au Mans, tu retrouveras tes deux compères, Jacques Nicolet et Jean-François Yvon. Pas trop déçu de ne pas être avec les jeunes ?
« Avec François Sicard, nous avions un accord et il était libre pour les équipages Le Mans Series. Même si il est clair qu’avec Jacques, nous avions envi, chacun, d’être associé à un jeune. C’est le cas. Pour Le Mans, l’équipe a décidé de revenir à des équipages traditionnelles. J’aurais préféré deux pros et gentleman dans chaque voiture, mais je comprend la décision. »

 

D’autant que le trio des « anciens » avait fini sur le podium…
« Oui et il n’y a aucune raison de ne pas faire la même chose cette année. Le Mans, c’est différent : ce n’est pas du sprint. Je m’entends bien avec les jeunes et nous avons une équipe fabuleuse, mais il ne faut pas se faire piéger et se prendre au sérieux. Les jeunes doivent se faire remarquer : ils jouent leur carrière. Nous, on est là pour notre hobby. Mais après ces six podiums, je ne veux pas aller au Mans juste pour sentir l’odeur des barbecues dans le camping ! J’avais fait le Grand Prix Historique de Monaco il y a quelques années et je me rappelle avoir souri du premier au derniers tours dans la voiture. Cette année, je me suis fait plaisir dans la première boucle, puis dans la deuxième j’ai commencé à travailler…»

 

Les objectifs sont donc élevés ?
« Oui, même si aux 24 Heures, c’est la Grande Dame du Mans qui sert ce qu’elle veut. Il faut bien digérer ce qu’elle propose. Mais il est évident que je ne suis pas là uniquement pour participer. Il y aura toujours un plaisir de conduite incroyable, mais nous allons nous donner les chances d’être bel et bien là. »

 

Avec une Pescarolo qui a bien progressé…
« Elle n’a plus rien à voir avec celle de l’an dernier. Elle a sensiblement évolué, notamment au niveau aéro. Je suis également très content du Judd : on a dû faire plus d’essais en quelques mois que lors des deux dernières saisons. Quand tu montes dans l’auto et que tu ne te poses plus de question sur la mécanique, ça change pas mal de choses. Les progrès mécaniques sont importants, et le travail aéro fait par Pescarolo/OAK est fantastique ! Nous avons également beaucoup travaillé sur les suspensions, avec PKM, ainsi qu’avec Dunlop sur les pneus. Nous avons un super châssis et les premiers commentaires de Jan Charouz l’ont confirmé. Nous avons un châssis sain : et là aussi, quand tu ne te poses plus de question sur comment va réagir la voiture… Tu fais corps avec elle. »

 

Pour conclure, tes activités professionnelles sont en Asie. Tu es donc bien placé pour commenter la volonté de l’ACO de s’implanter sur ce continent. Qu’en penses tu ?
« Le monde ne va pas bien, avec une crise de confiance mondiale. C’est dur à tous les niveaux. En 2008, c’est un cycle qui a touché tout le monde. En 2010, c’est une crise cyclique. Les USA se maintiennent, l’Europe descend au fond de la cuve. En Asie, on a peur de ce qui se passe, mais le futur est là-bas. Il y a les marchés émergeants, la Chine et l’Inde, avec le Japon au milieu. En 1980, c’était le pétrole, en 1990 les USA, en 2000 la Russie et je pense que pour les années 2010, ce sera l’Asie. L’ACO lance une série plus mondiale qui aura sa carte à jouer. Et si l’Asie a peur de ce qui peut se passer, il y a une vraie carte à jouer là-bas. »

 

Anthony Megevand

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