American Le Mans Series

12H Sebring : Audi impose la R15 TDI dès sa première course !

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D’emblée, elle avait impressionné. Dès ses premiers tours de roues. Et comme l’Audi R8 en 2000, comme l’Audi R10 en 2006, l’Audi R15 TDI s’impose dès sa première course… En établissant un tout nouveau record à la distance pour les 12 Heures de Sebring : 2280,114 km. Incroyable ! Surtout pour une voiture qui n’a fait ses premiers tours de roue qu’avant Noël dernier ! Et quelle victoire ! Il a fallu aller la chercher face à des Peugeot 908 HDi FAP offrant de nouveau une résistance acharnée. Mais encore une fois, pour triompher des quatre anneaux, il aurait fallu un sans-faute au Lion. Las, avant même le départ, la n°08 s’infligeait un handicap d’une bonne vingtaine de secondes en partant de la ligne des stands suite à un changement de pompe hydraulique. Puis Sébastien Bourdais perdait une quinzaine de secondes dans un tête à queue dans le Turn 17. Enfin, une crevaison au soleil déclinant coûtait définitivement la victoire à la Peugeot n°08. Malgré un choix payant de doubler les relais avec les pneumatiques en début de course. La seule question qui reste posée est de savoir si un changement de pneus lors du dernier pit-stop aurait changé la donne et permis de réduire cet écart final de 22 secondes. Rien n’est moins sûr et refaire la course est de toute façon inutile. Mais vue de l’extérieur, la stratégie du clan Peugeot semblait être sans faille ce week-end. Ca n’a pas suffi…

 

Peugeot 908 08Car la n°07, elle, avait déjà perdu toute chance avec un problème de climatisation ayant coûté 8 tours après 3H30 de course… De toute façon, Pedro Lamy dans la dernière heure était contraint de garer sa voiture dans l’échappatoire du Turn 7. La deuxième 908 ne finirait pas la course…

 

Face à ces pépins, la voiture la plus récente et la moins éprouvée signait une course sans le moindre soucis mécanique. Certes, Ralf Jüttner, le directeur technique d’Audi Sport, nous avait prévenu qu’il n’avait pas d’inquiétude particulière quant à la fiabilité mais à ce point là, c’est proprement ahurissant ! Quelle qualité dans la conception, la validation et la préparation de tous les éléments de la voiture… Si la n°1 a connu deux tous petits incidents en piste, la R15 n°2, tout comme la R10 du même numéro au Mans l’an passé a connu la course absolument parfaite. Chapeau bas messieurs McNish, Capello et Kristensen, chapeau très bas… Et si la R15 reste légèrement en retrait de la 908 sur le plan des meilleurs tours en course, elle a peut-être été plus constante sur la longueur d’un relais. Reste qu’en début de course, les pilotes ne parvenaient pas à tenir un double-relais avec les même pneumatiques et que cela devra être résolu pour Le Mans. C’est bien là, le seul point faible visible de cette auto…

 

Acura ARX-O2aDes points faibles, par contre, l’Acura ARX-02a en a montré. Toute neuve, elle aussi, elle a été loin de montrer la fiabilité de la R15 TDI. Tout d’abord, le début de course prouvait que l’on avait vu juste lors des qualifications. Même sans trafic lors des tous premiers tours, les Acura ne pouvaient pas lutter avec la puissance des diesels. L’écart s’est très vite creusé. Les safety-cars ont toutefois longtemps permis aux ARX-02a de rester dans le coup mais David Brabham a connu deux incidents de piste avec la Highcroft ce qui a peut-être générer les problèmes futurs de transmission conduisant à son abandon à la nuit tombée.

 

Pour la voiture du team de Ferran, la démonstration aura été un peu plus courte même si la n°66 semblait un peu plus dans le coup. Un problème de suspension éliminait cette Acura aux deux tiers de la course. Il va falloir maintenant fiabiliser cette auto et souhaiter que Audi ne décide pas de revenir jouer aux USA cette année. Sinon, le titre, même sur des circuits lents, ne serait pas assuré en P1… Face à une telle opposition, les deux Lola LM P1 n’ont joué aucun rôle comme on pouvait s’y attendre. Elles ont d’ailleurs abandonné.

 

Acura Fernandez RacingLe LM P2 a donné lieu à une course malheureusement assez fade comme on pouvait s’y attendre. Non contente de ne pas être au niveau de l’Acura ARX-01b du Fernandez Racing, les deux Lola Mazda B09/80 du Dyson Racing n’ont pas non plus fait preuve de fiabilité, abandonnant toutes les deux avant la mi-course. Ce qui n’a pas empêché leurs pilotes de monter sur le podium aux côtés de Luis Diaz et Adrian Fernandez sans toutefois être officiellement classé… Etonnant ! Dans ce contexte, la victoire de l’Acura est un peu dévaluée. Sa course a été relativement claire avec toutefois de légers problèmes de surchauffe.

 

Corvette C6.R Corvette RacingLa rivalité entre les deux Corvette a tourné à l’avantage de la n°3 pour la victoire en GT1. Fiables comme elles le sont la plupart du temps, les deux C6.R ont très longtemps roulé roues dans roues. Elles finissent séparées par 23 secondes à l’avantage de Magnussen-O’Connel et Garcia. Vivement l’après Le Mans pour Corvette Racing, histoire de retrouver un peu de concurrence en ALMS mais dans la catégorie GT2.

 

Cette catégorie GT2 a offert des bagarres inattendues. Grâce à quelques artifices réglementaires quelque fois, certes. Notamment pour ce qui concerne la Panoz, auteur d’une très belle course mais dont on n’oubliera pas que certaines largesses du législateur lui ont permis de retrouver un niveau de performance digne en ne lui imposant pas les restrictions 2009. Contrairement aux Porsche ou aux Ferrari. La marque italienne qui triomphe de nouveau après avoir dû laisser Porsche s’imposer l’an passé. Ferrari 430 GT Risi CompetizioneRisi Competizione comme Audi Sport, a connu une course parfaitement claire. Aucun ennui n’est venu troubler la course de la 403 GT n°62 et la victoire était au bout. D’autant plus méritoire que la voiture était partie en fond de grille… Jaime Melo et Mika Salo s’offrent donc un nouveau succès en GT2 à Sebring après la mémorable victoire de 2007…

 

Ils devancent de deux tours la Ferrari Advanced Engineering peut-être un peu moins bien conduite et de trois la Panoz qui a été au cœur de l’un des seuls véritables accrochages de cette course. La Porsche du Flying Lizard de Marc Lieb était parvenue à déborder par l’intérieur l’Esperante de Ian James mais les deux pilotes se touchèrent dans une manœuvre ou l’on peut dire que les responsabilités sont partagées. Lieb, ayant pris un museau d’avance sur James, décida de le tasser sur l’extérieur mais James ne lâcha pas et les deux autos se touchèrent, fatalement. La Panoz n’en subissait aucune conséquence et poursuivait sa route sans conséquence ni même un ralentissement. La Porsche par contre tapait le mur de l’avant et crevait à l’arrière droit perdant ainsi ses chances de podium. Après réparation, la Porsche n°45 parvenait tout de même en fin de course à doubler la petite sœur, la n°44. Un bon point dans l’optique du championnat.

 

La Ferrari du Krohn Racing termine à la sixième place juste devant la valeureuse Doran Ford GT-R, qui a connu plusieurs incidents dont le tout droit destiné à éviter l’Acura de Brabham en début de course et qui a causé la première des trois (courtes) neutralisations. La dernière voiture roulante est la Porsche n°87, rapidement éloignée de la course à la victoire par un problème de différentiel.

 

Signalons la course difficile des BMW. La n°90 a connu de multiples problèmes l’empêchant de prendre le départ avec le reste du peloton. Elle n’a couvert que 27 tours en tout. La n°92 a dû quant à elle se retirer en raison d’une fuite d’huile. Son début de course avait pourtant été intéressante puisqu’elle occupait la seconde place au tiers de la course. La voiture semble donc bien née. Un brin de performance en plus, une bonne dose de fiabilité et Ferrari et porsche trouveront à qui parler. En attendant l’arrivée de Corvette !

 

Voilà, le rideau est tiré sur cette 57ème édition marquée par la neuvième victoire d’Audi Sport. Si la firme allemande venait à s’imposer au Mans, elle y enregistrerait également son neuvième succès. Un chiffre mythique qui permettrait de rejoindre une certaine firme italienne au cheval cabré. Reste à savoir si le Lion parviendra cette fois-ci le sans-faute absolu. Au vu de la course de ce week-end, il s’agira d’une absolue nécessité…

 

Laurent Chauveau

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