Le Mans

La liste des 56 sélectionnés passée au crible…

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Chaque année, tout le petit monde de l’Endurance est en effervescence au moment de connaître la liste des sélectionnés aux 24 Heures du Mans et 2011 n’a pas dérogé à la règle. Pour l’occasion, l’Automobile Club de l’Ouest a fait les choses bien avec une diffusion sur le Web, ce qui fait que le monde entier a pris connaissance des 56 heureux élus au même moment. Il est peu de dire que le Comité de Sélection a fait dans l’équité parfaite avec 28 prototypes contre 28 GT. Avec environ 70 demandes pour la plus grande course du monde, une bonne dizaine de teams sont restés sur le carreau, le directoire de l’ACO précisant qu’un jour ou l’autre la persévérance paierait. En attendant, place à une revue des effectifs catégorie par catégorie.

 

Audi, Peugeot et les autres en LMP1…

S’il est une catégorie où les pronostics auraient pu être gagnés sans trop de problème, c’est bien le LMP1 où tous les protagonistes prévus sont de la partie. Trois Audi R18 TDI contre trois Peugeot 908, rien d’exceptionnel. La marque au Lion pourra en plus s’appuyer sur la 908 HDi FAP du Team ORECA-Matmut de Hugues de Chaunac. Une autre ORECA sera de la fête, à savoir celle du Hope Racing (Hope PoleVisison), l’auto prenant le nom de ORECA Swiss HY Tech-Hybrid. Rebellion Racing aura finalement bien deux Lola B10/60 Coupe Toyota au départ, le constructeur japonais renouant avec la classique sarthoise, pour le moment en tant que simple motoriste. Même contingent d’autos chez OAK Racing avec deux OAK-Pescarolo (nouvelle appellation des autos) pour le team de Jacques Nicolet, l’équipage de pointe Lahaye/Moreau/Ragues comptant bien jouer les trouble-fêtes derrière les « dieselistes ». Un autre châssis Pescarolo sera également sur la grille de départ, avec le retour des troupes de Henri Pescarolo et une auto confiée à Collard/Tinseau/Jousse. Présent cette année en Le Mans Series, Quifel ASM Team monte d’un rang (comme OAK Racing) en passant du P2 au P1, toujours avec la Zytek 09 SC, avec Olivier Pla en capitaine de route. Rien n’a encore filtré du côté de chez Aston Martin Racing en ce qui concerne le nouveau prototype, mais deux Aston Martin AMR-One seront bien là, où pour le moment seuls Harold Primat et Stefan Mücke sont confirmés dans les baquets. Notons qu’une seule auto sera présente en Intercontinental Le Mans Cup. La seule incertitude de la catégorie résidait dans le fait de savoir si Highcroft Racing serait bien là, et ce pour la seconde année consécutive. Les hommes de Duncan Dayton ont travaillé tout l’hiver pour développer la HPD ARX-01e, le team américain ayant une invitation d’office après le titre American Le Mans Series.

 

On dénombre donc 17 autos dans la catégorie reine, le tout représentant dix équipes différentes et huit motoristes différents. Après Honda l’an passé, Toyota fait son arrivée et il y a fort à parier que le constructeur nippon va tout faire pour prendre ses marques et emmagasiner un maximum d’expérience en vue du futur.

 

ORECA puissance 4 en LMP2…

Avec quatre ORECA 03 sur les 11 LMP2 sélectionnés, le constructeur varois a réussi l’entrée de son nouveau proto dans le grand bain de l’Endurance. Le Team ORECA-Matmut en engagera d’ailleurs une, directement sous sa bannière, avec pour le moment le pilote maison Soheil Ayari à son volant. Engagé de dernière minute l’an passé, Race Performance est cette fois-ci sélectionné, le team suisse faisant confiance à la ORECA 03. Quant aux deux autres modèles, ils seront pour Signatech Nissan, le team de Philippe Sinault. L’écurie de Bourges a tout récemment confirmé son souhait de mettre une voiture en ILMC et deux au Mans. Si Franck Mailleux est tout logiquement présent sur une des deux autos, la seconde verra le pilote de WTCC Tiago Monteiro en découdre. Du côté des motorisations, Signatech Nissan aura un gros soutien du constructeur, ORECA faisant également confiance à la motorisation Nissan, tandis que Race Performance roulera BMW. Champion LMPC en titre, Scott Tucker est de nouveau présent, après des débuts l’an passé sur une Audi R10 TDI/Kolles. Place cette fois à une Lola-Coupe HPD pour l’Américain, qui vient dans la Sarthe directement avec son équipe. On peut légitimement penser que Christophe Bouchut fera partie de l’aventure. Second de la dernière édition, OAK Racing tentera de rééditer la même performance, avec deux OAK Pescarolo BMW. Décidément, OAK Racing ne fait pas dans la dentelle avec deux LMP2 et deux LMP1. François Sicard, Team Manager, pourra s’appuyer sur une équipe rôdée à la tâche de l’Endurance. Frédéric da Rocha est le titulaire sur une des deux OAK Pescarolo, alors que Andrea Barlesi, Espoir 2010 Endurance-Info, aura à cœur de briller pour sa première participation, et ce dès sa troisième année de compétition. Un bien beau début de carrière ! La nouveauté vient de Pecom Racing avec une Lola B11/40 BMW managée par AF Corse. Lors des 24 Heures de Dubai, Amato Ferrari nous avait confié que cette première expérience pourrait en appeler d’autres dans le futur. Pour le reste, pas de surprise avec la sélection de RML, Strakka Racing et Greaves Motorsport. Sur le papier, RML et Strakka Racing partent avec un avantage, compte tenu de leur domination en 2010, mais comme en LMP1, la catégorie demeure ouverte.

 

Aussi bien en P1 qu’en P2, la lutte fera rage entre les différentes équipes, mais elle s’annonce aussi féroce chez les motoristes avec que des grands noms : Peugeot, Audi, BMW, Judd, Honda, Nissan, Toyota, Aston Martin, etc… Une course dans la course en quelque sorte !

 

Toujours deux catégories GT !

Exit les GT1 cette année et bonjour les LM GTE-Pro et LM GT-Am. Pas facile de s’y retrouver avec des autos Spec-2011 pilotées par des professionnels et des Spec-2010 pilotées par gentlemen drivers. Selon les dires de l’ACO, c’est la catégorie LM GTE-Am qui a requis le plus de demandes au niveau des engagements. Le GT professionnel représente tout de même une bonne partie du contingent GT avec 18 autos, représentant six marques : Porsche, Ferrari, BMW, Aston Martin, Corvette et Lotus. Sans aucune compétition officielle pour le moment, la Lotus Evora GT2 se voit récompenser de deux demandes, JetAlliance faisant un retour dans la Sarthe après un podium en GT1 il y a deux ans. Espérons que les équipages seront à la hauteur, sachant que l’on verrait bien un Karl Wendlinger ou un Alex Müller de retour aux affaires au sein du team autrichien de Lukas Lichtner-Hoyer. Dans le duel Ferrari/Porsche, avantage à la marque italienne avec six F458 Italia contre cinq 997 GT3-RSR. Les équipes présentes habituellement seront bien là chez Ferrari, avec AF Corse, Hankook Team Farnbacher et JMW Motorsport. Point de Risi Competizione… Pour ses débuts en Endurance, Luxury Racing mixera Le Mans et ILMC avec deux F458 Italia. Nous vous l’annoncions (brièvement) il y a quelques semaines, le team de Magny-Cours passe du FFSA GT et Open GT aux courses plus longues. Sous la houlette de l’expérimenté Didier Vincent, l’une des deux autos sera confiée à des pilotes explosifs tels Stéphane Ortelli et Frédéric Makowiecki. Quant à Anthony Beltoise, il fait son retour dans la Sarthe, l’essayeur Auto-Moto n’ayant plus rien à prouver côté rapidité. Pour contrer la marque de Maranello, ProSpeed Competition, Felbermayr-Proton (x2), Flying Lizard Motorsports et IMSA Performance-Matmut ne seront pas de trop dans la course à la victoire. Notons que Lucas Luhr fait son retour en GT au Mans, l’Allemand trouvant refuge chez Felbermayr-Proton. Comme l’année passée, deux Corvette C6.R et BMW M3 viendront mettre du piment dans la catégorie, Corvette Racing et BMW Motorsport ayant une revanche à prendre. Une seule Aston Martin Vantage GT2 dans la course avec celle du Jota Sport pilotée par Sam Hancock.

 

Les LM GTE-AM ne seront pas en reste avec dix unités (cinq modèles différents). Ferrari aura là aussi l’avantage du nombre avec quatre F430 dans la course : Krohn Racing, JMB Racing, AF Corse et CRS Racing. Larbre Compétition aura pour sa part deux autos différentes, à savoir une Corvette C6.R et une Porsche 997 GT3-RSR pour Christophe Bourret. Depuis deux ans, David Robertson nous confiait au Petit Le Mans son envie de venir courir au Mans avec sa Doran-Ford et son vœu est désormais exaucé, l’auto n’ayant toutefois rien à voir avec celle de Matech Competition. Déjà présents en GTE-Pro, Flying Lizard Motorsports et Proton Competition auront aussi chacun une Porsche en GTE-Am. Gulf Middle East AMR fera ses grands débuts en Mans, avec une Aston Martin Vantage aux couleurs Gulf. Décidément, le célèbre pétrolier est à l’honneur cette année avec sept autos qui devraient représenter ses couleurs.

 

Et les réservistes ?

Comme chaque année, des réservistes ont été sélectionnés afin de pallier aux éventuels forfaits : cinq protos et cinq GT. Dans la liste des prototypes suppléants, la Norma M200P Extreme Limite AM Paris de Fabien Rosier fait figure de première suppléante. Suivent ensuite la Lola Aston Martin Kronos Racing de Vanina Ickx, la Zytek Hybride Rangoni Motorsport, la ORECA 03 Nissan Boutsen Energy et la Courage-Oreca HPD Pegasus Racing.

 

En GT, la première place sera pour la seconde Doran-Ford Robertson Racing, devant la Porsche 997 GT3-RSR ProSpeed Competition et une autre Porsche, celle du Tolimit Arabia de Sascha Maassen, que l’on a vue aux 24 Heures de Dubai. Dommage de voir Young Driver AMR seulement quatrième réserviste avec son Aston Martin Vantage GT2 confiée à Tomas Enge. Que dire aussi de la dernière place de la BMS Scuderia Italia, avec la titularisation de Romain Grosjean. On sait que le team transalpin n’a pas pour le moment annoncé son programme 2011, mais voir une telle équipe réserviste fait mal au cœur, surtout quand on connaît son palmarès sur les courses de 24 Heures, que ce soit à Spa ou au Mans. On serait aussi ravi de revoir Romain Grosjean en juin prochain, et ce malgré son programme monoplace déjà bien chargé. Que dire en revanche de l’absence de la Panoz Abruzzi et des Jaguar XKR, si ce n’est qu’elles n’ont rien prouvé pour le moment.

 

Bref, on peut toujours se plaindre du pourquoi du comment d’une invitation ou du refus de telle ou telle équipe. Être dans le Comité de Sélection n’est certainement chose facile avec des choix cornéliens à faire. Certains sont contents, d’autres non. Maintenant, place à la piste ! La liste des engagés est ici.

 

Laurent Mercier

 

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