Le Mans

56 sélectionnés avec des heureux et des déçus…

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Chaque année, c’est le même rituel lors de la diffusion des équipes sélectionnées pour les 24 Heures du Mans. Certains sautent de joie, d’autres font la moue. Le choix était d’autant plus cornélien pour cette édition 2012, avec l’arrivée du Championnat du Monde d’Endurance. Aucun concurrent du WEC n’a été laissé sur le carreau, si bien que 30 places étaient déjà prises, sans compter les teams sélectionnés d’office. Au final, peu d’invitations ont été délivrées, mais celles qui l’ont été ont du sens. Précisons tout de même que ce Championnat du Monde d’Endurance a bien failli capoter avant d’avoir débuté, suite au retrait de Peugeot, non pas que ce championnat ne puisse se faire sans la marque française, mais pour décerner un titre de Champion du Monde en LMP1, il faut au moins deux constructeurs. Honda aurait éventuellement pu reprendre la place laissée libre par Peugeot, mais c’est finalement Toyota qui sauve les meubles en s’inscrivant à l’année. Les deux catégories de pointe que sont les LMP1 et GTE-Pro ne sont pas en supériorité numérique. Qu’en aurait-il été si Peugeot avait aligné quatre autos ? C’est très certainement le plateau LMP2 qui aurait perdu quelques unités.

 

On ne peut qu’être satisfait du plateau LMP1, notamment en Essence. Il faudra toutefois attendre l’issue des 12 Heures de Sebring pour voir ce que va donner la fameuse équivalence Essence/Diesel, avant l’arrivée des Hybrides. Avec Rebellion Racing, OAK Racing, JRM, Strakka Racing, Pescarolo Team, Dyson Racing Team, nous n’avons que du lourd en Essence. La grosse surprise nous vient de Henri Pescarolo, toujours prêt à relever de nouveaux défis. Et là c’est un vrai gros défi pour les Verts qui reprennent une AMR-One qui n’a jamais fonctionné correctement. Le timing étant très serré avant juin, les nuits vont être courtes au Technoparc.

 

Les ORECA 03 sont en masse en LMP2 avec sept unités sur les 18 châssis présents. Nissan fait la razzia du côté des moteurs en équipant pas moins de 11 autos. Michelin ayant décidé d’arrêter sa présence dans la catégorie, c’est Dunlop qui assure le soutien du LMP2 en quasi totalité. En ces temps de disette économique, le LMP2 est d’un précieux secours, comme quoi il ne faut pas mettre les gentlemen sur le côté. Avec des constructeurs qui sont de plus en plus versatiles, les « petites » équipes répondent à l’appel et il ne reste plus qu’à espérer que la couverture médiatique ne se limite encore pas à un duel d’usine. Voir des Pla, Giroix, Bouchut, Mailleux, Vernay, Kimber-Smith, Beche, Ayari, Kaffer, en découdre a tout de même fière allure. Non le LMP2 n’est pas une sous-catégorie, loin de là.

 

Pour la deuxième fois, les GT1 ne seront pas au Mans et ce n’est une surprise pour personne. C’est un peu le calme plat en GTE-Pro avec 9 unités, dont quatre Ferrari F458, contre deux Corvette C6.R, deux Porsche 911 GT3-RSR et une Aston Martin Vantage GT2. Nous avons reçu plusieurs mails de lecteurs mécontents de cette sélection. Certes la Porsche/IMSA Performance Matmut (1ère suppléante) avait sans conteste sa place sans attendre un éventuel repêchage. Si les temps sont durs pour les constructeurs en prototype, il en est de même en GT. Aligner une GTE-Pro coûte autant d’argent qu’une LMP2. Aston Martin Racing est bien présent avec une auto, mais qu’en est-il du financement ? La Vantage GT2 n’a jamais crevé l’écran, et AMR avait promis un gros développement pour rendre l’auto plus compétitive, sans avoir à lui donner des faveurs réglementaires comme on a pu le voir avec les BMW M3. La marque bavaroise a d’ailleurs jeté l’éponge, laissant ses deux M3 GT s’expliquer en ALMS pour une dernière saison. Au risque de se faire huer par les détracteurs, le GTE tient en grande partie à la présence de AF Corse, engagé sur tous les fronts. Amato Ferrari est de toutes les campagnes avec le sérieux que l’on connaît. Porsche a bien fait évoluer sa 997 GT3-RSR, mais avec seulement deux autos, la tâche ne sera pas facile. N’oublions pas Luxury Racing avec un Makowiecki en chef de file et une année d’expérience. Ferrari vs Porsche, c’est exactement ce que l’on connaît depuis des années, avec heureusement deux Corvette pour venir s’immiscer dans ce duel. L’avenir du GTE-Pro n’est pas assuré, même si beaucoup voient en cette catégorie l’avenir du GT. Actuellement le GT3 a le vent en poupe avec les plus grandes marques présentes, mais le but est uniquement de vendre des autos à des équipes et pas forcément de s’engager directement. On voit mal Porsche Motorsport arriver avec une GT3-R et se battre contre des équipes qui ont dépensé 300 000 euros. Les GT3 n’ont pas le droit de citer au Mans, mais deux options vont s’offrir à moyen terme : soit Audi, Nissan et consorts font passer leurs GT3 en GTE, soit le GTE est mort et enterré, comme l’est maintenant le GT1.

 

Ce sont donc les GTE-Am qui se taillent la part du lion avec 13 autos et une belle diversité, avec 5 Ferrari F458, 5 Porsche 911 GT3-RSR, 2 Corvette C6.R et 1 Aston Martin Vantage GT2. La cohabitation Pro/Am va donc une nouvelle fois être au menu, au grand dam de certains. Le Mans a toujours été une aventure technologique mais aussi et surtout humaine. Le Mans sans une cohabitation Protos/GT et Pro/Am ne serait plus Le Mans. Comme nous l’avons mentionné plus haut, il est inconcevable de nos jours d’avoir une grille « full Pro » et ce dans toutes les catégories. Comme nous l’avons si souvent répété, il ne faut surtout pas oublier toutes les équipes qui se battent comme des chiffonniers pour trouver des budgets et faire partie de la fête mancelle.

 

Il reste encore quatre mois pour finaliser les contrats et trouver les budgets nécessaires. On ne sait pas si tout le monde sera bien de l’aventure, mais une liste de suppléants a été établie au cas où certains feraient faux bond. Voir Hope Racing seulement quatrième suppléant est tout de même une punition, même si le team n’a pas terminé la saison 2011. A l’heure où « l’hybridation » fait son apparition chez les constructeurs, il aurait été de bon ton de revoir la sympathique équipe suisse au départ, même si tout espoir est encore permis. Pas mieux pour la Porsche/IMSA qui méritait amplement une sélection, tandis que les trois suivantes sont discutables, tout comme mettre une Aston Martin Vantage GT2 sous l’entité AMR en GTE-Am. . On ne sait pas encore exactement combien de dossiers ont été déposés pour cette 80ème édition des 24 Heures du Mans. Il reste aussi à savoir combien d’équipes seront présentes sur l’intégralité de la saison WEC, surtout pour les manches lointaines après Le Mans. Des amendes sont prévues en cas de défection, mais les budgets ne sont pas extensibles. En deux ans, on a perdu Peugeot, Quifel ASM Team, RML, BMW Motorsport, Robertson Racing, Hankook Team Farnbacher, Beechdean Mansell, Kolles, Drayson Racing, Autocon, WR, Racing Box, KSM, Luc Alphand Aventures, Spyker, JaguarRSR et la BMS Scuderia Italia. Certains sont partis sous d’autres cieux, mais d’autres ont carrément disparu de la circulation. A méditer pour l’avenir…

 

Laurent Mercier

 

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