Blancpain Endurance Series

Passé, présent et avenir du Hexis Racing avec Philippe Dumas

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Fin 2011, nous faisions le bilan de saison du Hexis Racing en Argentine quelques minutes après le titre de Champion du Monde GT1. L’année passée, c’était sur les marches du palais présidentiel de la capitale de l’Azerbaïdjan peu avant minuit. Pour le bilan de saison 2013, rendez-vous était pris avec Philippe Dumas le 11 novembre dans son village gardois au beau milieu d’une fête où tout le monde était déguisé. Pour Hexis Racing, cette année 2013 a un goût particulier puisque c’est la dernière sous l’égide du partenaire historique Hexis Groupe. Cela fait maintenant un peu plus de dix ans que Hexis Racing existe avec à sa tête Philippe Dumas. Il aura fallu pas moins de quatre cafés et plus de trois heures d’entretien pour dresser le bilan 2013 mais aussi remonter dans le temps et parler de l’avenir.

 Cette année, Hexis Racing alignait une McLaren MP4-12C en Blancpain Endurance Series pour le trio Dusseldorp/Parente/Sims (podium au Paul Ricard) et deux en Championnat de France GT, l’une confiée à Police/Cazenave, l’autre à Panis/Debard (podium au Paul Ricard). Dans quelques jours, Hexis Racing va tout mettre en oeuvre pour faire la passe de deux dans les rues de Baku à l’occasion de la finale FIA GT Series où Rob Bell sera épaulé par Kévin Estre.

300846_10151063520973192_764364495_n Philippe, quelles sont les dernières nouvelles concernant l’équipe ?

 « Je suis régulièrement en rendez-vous. La priorité va à l’équipe mais pas à tout prix. J’aimerai poursuivre l’aventure avec eux mais aussi avec McLaren. Dans le cas contraire, il y aurait un vrai sentiment d’inachevé après notre belle saison 2012. Malgré le résultat d’ensemble de l’année, nous avons encore progressé en nous lançant réellement le défi de disputer des courses d’endurance. Nous avions juste l’expérience des 24 Heures de Spa 2011 et d’une manche Blancpain. La saison a plutôt mal débuté à Monza avec un problème mécanique alors que nous étions dans le coup. Il a fallu lancer cette nouvelle aventure avec McLaren en Blancpain Endurance Series mais aussi aux 24 Heures de Spa. Sur le papier, personne n’avait l’expérience car l’auto est encore jeune, tout comme l’équipe dans ce type de championnat. Il est vrai que tout miser sur une seule auto dans des courses d’endurance était impossible. On a été forts mais c’était trop dangereux. »

1072600_10151634103948192_1564385631_o Les 24 Heures de Spa restent la grosse déception ?

 « A Spa, on a pris un coup sur la tête comme jamais. Il y avait eu la Chine en World GT1 où l’auto est partie dans le bac à cinq secondes de la sortie de la voiture de sécurité. Sans cela, nous aurions été Champions du Monde Pilotes. A Spa, ce n’était pas réel. On a pris un gros coup et on ne s’en n’est pas remis. C’était une belle expérience mais il y a un gros sentiment d’inachevé. »

477489_10150892128378192_10450827_o Poursuivre avec McLaren en 2014 est possible ?

 « C’est la priorité ! Cependant, je reste lucide car un contrat ne va pas tomber d’un seul coup du ciel. On sait bien que ça ne marche pas comme ça. La conjoncture économique n’est pas favorable mais je vais me battre pour que l’aventure continue. Notre force est la cohésion avec les gens avec qui on travaille. Nous avons passé cinq ans avec Aston Martin avec à certains moments l’engagement de quatre autos. Aussi petit que l’on soit, Hexis Racing a participé au développement de l’auto. Je suis entré en contact avec McLaren grâce à mon ami Luc Paillard. A l’origine, McLaren était d’accord pour le « GT3+ » que voulait Stéphane Ratel mais SRO a ensuite pris la direction du GT3 traditionnel et McLaren a eu confiance en nous. Ces gens-là ont une vraie reconnaissance de notre travail. J’ai régulièrement des réunions avec eux pour voir de quelle façon il est possible de continuer. Il faut se battre mais le temps pourrait jouer contre nous. Il faut être réaliste. »

278987_10151062077863192_2107843094_o Maintenant, l’objectif est de briller à Baku…

 « Nous avons un bel équipage pour briller. Il n’y a aucun doute sur la performance pure afin de revenir dans le peloton de tête en cette fin d’année. Il faut rester humble car le niveau est plus relevé qu’en 2012 et cela reste une course en ville avec deux courses très rapprochées. Initialement, Baku n’était pas à notre programme car la première date était impossible pour nous. De plus, Alvaro Parente roule avec le Sébastien Loeb Racing, sans compter que McLaren et le Boutsen Ginion Racing ont demandé les services de nos pilotes qui étaient disponibles. Ensuite, il y a eu le changement de date et Stéphane Ratel est revenu vers nous. Il a fallu faire le tour des bons pilotes car ce n’est pas dans notre philosophie d’aller disputer une course pour faire de la figuration. Pour gagner, il faut trouver les bons. Les partenaires ont joué le jeu et je tiens à les remercier. Le côté financier a été sécurisé trois semaines avant la manche GT Tour du Paul Ricard. Ensuite, il a fallu trouver les pilotes.

 Pour nous, c’était une évidence de prendre Rob Bell. On s’entend très bien et il était avec nous à Baku l’an passé. Rob a l’esprit d’équipe sans compter que c’est un fin metteur au point. L’essentiel à Baku est d’avoir une auto parfaite et pointue pour aller cher la pole. J’ai réfléchi à voir qui on pouvait mettre à ses côtés et le choix de Kévin Estre s’est vite imposé. »

BES 2012 Paul Ricard Qu’est ce qui a motivé ce choix ?

 « Je connais Kévin depuis un bon moment et l’occasion de l’avoir avec nous ne s’était encore jamais présentée. L’idée première était d’avoir Mako mais il n’était pas disponible. L’histoire aurait été belle qu’il soit là. Pour Kévin, il est vrai qu’il n’a pas l’expérience de la McLaren mais c’est un travailleur avec une grosse envie de gagner. Nous avons entamé des discussions lors du meeting Blancpain du Nürburgring et l’opportunité est venue. Le lendemain de la finale GT Tour, nous avons roulé en essais au Paul Ricard avec Rob et Kévin. Ses chronos ont démontré qu’il était dans les temps des meilleurs. Kévin va vite tout en sachant ce qu’il fait. On a un équipage pour aller jouer la gagne. Baku sera la dernière course de l’ère Hexis Racing. Lorsque la date a été changée, même si la priorité restait de sauver l’équipe, j’ai dit à tout le monde que ce serait bien de terminer sur une bonne note. La Baku World Challenge est un événement majeur. »

883495_10151747270703192_451085374_o Les membres de l’équipe attendent donc la décision finale pour 2014 ?

 « Oui ! Romain (Prot) est parti dans le courant de l’été pour s’occuper de sa famille. Pierre (Comby) nous quittera en fin d’année pour développer un nouveau projet professionnel. Malgré tout, il reste encore une âme avec cinq personnes. J’ai la confiance de tout le monde et chacun aimerait poursuivre. Notre petite équipe vieillit et nous ne sommes plus les chiens fous que nous avons été. Il faudra voir s’il faut changer de région. Je leur ai tout de même demander d’envoyer des CV et d’essayer de trouver quelque chose même si le but est de rester ensemble. »

 Tu as piloté cette année aux 24 Heures du Mans chez Larbre Compétition. Doit-on y voir là le signe d’un rapprochement ?

 « Larbre Compétition fait partie de la liste. On a des points en commun et j’ai beaucoup de respect pour ce team. »

1243201_10151787934083192_982695584_o Reprendre le pilotage fait partie de tes envies ?

 « S’il ne devait y avoir aucune solution, pourquoi pas… Mais c’est une solution dangereuse. J’ai une famille et j’ai choisi la voie de manager une équipe. Je ne peux pas laisser l’équipe comme cela. »

FIA World GT1, Yas Marina , Abu Dhabi. photo : V-IMAGES.com/Fabre Tu as pourtant roulé contre des pilotes de premier plan…

 « Je fais partie de la génération des Duval, Pagenaud, Lapierre ou Prémat. Je me suis battu contre tous ces pilotes au sein d’une petite équipe. Pour moi, Loïc Duval est certainement le plus talentueux. Un autre gros talent était Eric Salignon. Personnellement, je n’ai pas de doute sur mes capacités. Dès ma première année en Formule France, j’ai croisé le fer contre un certain Patrick, Pilet et j’ai gagné. La vie est ainsi faite… »

1401741_10151799701838192_1983041486_o Pourquoi être passé de la monoplace au GT ?

 « La Formule Renault était devenue si complexe que le GT a vite été une évidence à nos yeux. Cela permettait d’élargir le panel de pilotes. En monoplace, la fenêtre va de 15 à 18 ans contre 20 à 50 ans en GT. La première étape a été l’engagement d’une Porsche avec la famille Rodrigues. C’était en 2005/2006. Tout s’était bien passé et le GT3 venait de se lancer. C’était un projet ambitieux que de franchir le cap. Nous avons été l’une des premières équipes à faire rouler une Aston Martin DBRS9 en Championnat de France. Ensuite, il y a eu l’opportunité de rouler en Europe suite au désistement de Barwell. Aston Martin est venu nous chercher et c’était un énorme pari de ma part car nous n’avions aucun pilote. Un test a été organisé au Val de Vienne avec Jean-Claude Lagniez et Fred Mako. »

Super Série FFSA 2006 C’est là que tu as rencontré Fred pour la première fois ?

 « Avec Fred, on se connaît depuis le karting. Nous avons disputé ensemble un Championnat de France au début des années 90. Avec Fred, on s’est souvent croisé en karting. On s’est côtoyé puis perdu de vue même si j’ai toujours suivi son parcours. Depuis la première fois où il est monté dans une auto, il n’a jamais bougé en performance pure depuis 2007. Il a plus d’expérience et de confiance. C’est un vrai talent à l’état pur. Fred est très déterminé. C’est une machine à gagner. Il a connu la difficulté pour y arriver et il sait ce que c’est de travailler. C’est quelqu’un qui ne se plaint jamais. Peu importe son humeur du jour, lorsqu’il monte dans la voiture, il fait abstraction de tout de devient imperméable. Peu de pilotes savent faire cela. De plus, il prend toujours autant de plaisir dans une auto. On ne s’est pas créé ensemble mais nous avons monté ensemble. Il était prêt avant nous. Jack Leconte lui a donné sa chance et il a été à nos côtés de 2007 à 2012. Il est devenu notre pilote emblématique. »

616931_10151089790923192_314174920_o L’association avec Alvaro a fait des merveilles. Une saine rivalité ?

 « C’est ce que l’on peut avoir de mieux sur la planète GT. L’an passé, ils étaient chacun dans une auto. Pourtant, on ne peut pas faire plus opposé. Fred a beaucoup travaillé avec une étiquette de pilote GT. Alvaro a une culture monoplace et c’est quelqu’un d’instinctif. Un vrai talent hors du commun. Pour moi, c’était très formateur. Ils étaient très proches en performance pure. Evidemment, il y a eu une rivalité mais elle était saine et tout s’est parfaitement déroulé. Il y a toujours eu un respect mutuel. J’ai toujours tout mis en place pour tirer le meilleur de chaque pilote. Au début, les deux se sont regardés. Fred était l’enfant de la maison, et Alvaro pilote McLaren, vainqueur des World Series by Renault. Mako connaissait Alvaro, pas l’inverse. Grâce à l’atmosphère de l’équipe, tout est monté en puissance. A Moscou, nos McLaren était très fortes et les deux sont passés en Q3. Fred et Alvaro sont partis quasiment au même moment. Alvaro réalise le meilleur chrono et rentre au stand. Je passe le même message à la radio à Fred. Sans réponse… Je vois du violet sur l’écran, ce qui fait qu’il allait améliorer. Je lui repasse le message et il rentre. C’est aussi à cela que l’on reconnaît les grands pilotes. Alvaro et Fred son devenus très proches et les faire rouler ensemble à Navarra en Blancpain a été génial surtout qu’ils ont gagné. Alvaro sait que Fred est l’un des meilleurs pilotes au monde. »

383960_10151059544968192_1507306661_n Avant l’arrivée en World GT1, il y a eu le passage en FIA-GT3 avec de bons résultats…

 « Avec Aston Martin, le GT3 a été un tremplin. On s’est professionnalisé à leurs côtés. En 2009, nous avions un vrai équipage Pro-Am composé de Fred Mako et Manu Rodrigues. Tout a été maîtrisé de bout en bout avec comme seul problème le meeting de Portimao. C’est là que le titre Pilotes s’est envolé car on aurait dû tout gagner. En complément à l’engagement GT3, nous avons fait rouler à quelques reprises la Vantage GT2. A Silverstone, c’était un one shot pour développer l’auto. Puis, il y a eu Oschersleben avec Mako/Mücke. Fred était déjà plus rapide que Stefan. »

20091025_FIA_GT3_Hexis_y099 Place ensuite au GT1. Un grand moment ?

 « Cette arrivée en GT1 a pu se faire grâce au soutien Michel Mateu et de la famille Dor. Dès le lancement du World GT1, le pari a été fait d’investir dans deux Aston Martin DBR9. Quand on y pense, c’était fou mais nous étions jeunes et insouciants. Cependant, nous étions convaincus d’avoir la bonne auto. Notre force était Mako. C’était le tremplin pour aller vite. Avec du recul, je me dis que c’était de la folie. On avait un pilote sur quatre qui ne payait pas et il fallait trouver le meilleur compromis. Cela représentait une grosse somme d’argent. Je pense que cela aurait pu se terminer bien plus tôt. Nous sommes arrivés à Abu Dhabi les mains dans les poches mais il fallait cette insouciance (rires). 2010 reste pour moi la plus belle année. Il y avait la qualité et d’excellents pilotes. En termes de performance, je pense que 2011 était un peu au-dessus. La grille de départ à Abu Dhabi en 2010 était tout bonnement le rêve absolu du GT.

20100301_FIA_Paris_Hexis_287 « L’équipe est montée en puissance petit à petit. Jonathan (Hirschi) et Clivio (Piccione) ont décroché de bons résultats. Nous avons terminé vice-champion du monde même si je pense que l’on aurait pu terminer sur la plus haute marche avec Fred. La cohésion s’est faite naturellement. »

FIA GT1, Interlagos, 2010 photo : V-IMAGES.com/Fabre Hexis Racing est fort pour ses pit stops. On doit cette force à quoi ? Uniquement grâce au travail ?

 « On a jamais copié et on ne s’est que peu inspiré sur ce qui se faisait ailleurs. Il a fallu aller chercher le bon dans chaque personne. On s’est beaucoup entraîné sans forcer sur l’humain. A Abu Dhabi, nous n’étions pas prêts du tout. Fred boucle un très beau relais et lors du ravitaillement, impossible de desserrer les roues car elles étaient trop serrées suite à une mésaventure en essais. On avait honte ! C’était un électrochoc et maintenant vous allez voir ce que vous allez voir. Ce n’est pas utopique de dire que l’on a révolutionné le monde du pit stop. On a gagné des courses grâce aux arrêts éclairs de l’équipe. Gil (Botelho) est certainement le « pit stop man » le plus rapide. »

FIA World GT1 Beijing 2011. photo : V-IMAGES.com/Fabre Fin 2010, il a fallu remanier les équipages avant d’attaquer une nouvelle campagne mondiale…

 « En 2010, nous terminons vice-champions derrière les maîtres absolus qu’étaient Vitaphone. A ce moment, Fred ne pouvait pas disputer toutes les courses à nos côtés. C’était important pour Fred de faire Le Mans. J’étais convaincu du talent de Christian (Hohenadel) et Stef (Dusseldorp). Chacun a élevé son niveau de pilotage. Les quatre étaient fabuleux avec un esprit d’équipe que l’on ne retrouvera jamais. Ils ont tout donné pour l’équipe. Au Sachsenring, Christian a été juste incroyable. A un moment, les pilotes se sont battus pour le titre Equipe sans se soucier de leurs intérêts personnels. »

20110515_GT1_Sachsenring_04_d250 Le moment marquant a été la Chine…

 « Sans aucun doute ! J’ai entendu Andrea (Piccini) crié comme un fou à la radio après la sortie dans les graviers. Un mois plus tard, nous terminons la saison à San Luis. Andrea prend le relais sans capot et sans aération. Il devait faire au moins 70°C dans l’auto. Il a donné tout ce qu’il pouvait et je l’ai entendu crié de la même façon. A l’arrivée, il s’est évanoui. Sans ce cri en Chine, je ne pense pas qu’il aurait eu cette force. Lors du briefing d’avant course, on se battait pour ne pas terminer 4ème au championnat. La façon dont tout s’est passé est purement surréaliste. Nous sommes repartis avec la couronne mondiale. »

FIA World GT1 Ordos 2011.photo : V-IMAGES.com/Fabre Les images fortes de ce World GT1 sont nombreuses ?

 « Il y a déjà la première à Abu Dhabi. C’est incroyable que ce championnat n’ait pas pu fonctionner. L’un des moments forts reste le Brésil 2010 où Vitaphone avait un équipage brésilien. A chaque passage de la MC12 devant les stands, on entendait la foule crier tout ce qu’elle pouvait. Cette aventure World GT1 a été belle et dramatique à la fois. Nous avons été champions du monde avec un budget de 1,5 millions d’euros et des courses aux quatre coins de monde. Gary Watkins (journaliste Autosport) a très bien résumé la chose avec deux anecdotes. Lucas Luhr a indiqué qu’il n’avait jamais autant mis la pédale à fond et Darren Turner a confié qu’il ne regardait aucune de ses courses, exception faite celles du World GT1. Tout est dit. La BOP était parfaite et il fallait se cracher dans les mains après une victoire qui donnait un lest de 30 kg pour le meeting suivant. C’est une immense fierté pour moi que d’avoir été l’équipe la plus prolifique de ce World GT1. En 2012, il y avait moins de concurrents et moins d’autos. »

FIA World GT1, Yas Marina , Abu Dhabi. photo : V-IMAGES.com/Fabre Le regret reste de ne pas être allé aux 24 Heures du Mans avec Hexis Racing ?

 « La première année où nous avons déposé un dossier, c’était peut-être trop tôt. Ensuite, le dossier était parfait. Le financement était là et on était prêt. Mako était dans nos valises. Le projet était sérieux mais nous n’avons pas été pris au sérieux. Young Driver AMR a été préféré. Cet épisode a été douloureux pour l’équipe. Le World GT1 nous a donné une légitimité sur la scène internationale. On avait ce qu’il fallait pour briller. »

482277_10151410271813192_1238853726_n Hexis Racing reste avant tout une équipe internationale…

 « Nos plus beaux moments ont eu lieu au bout du monde : Brésil, Argentine, Chine, Azerbaïdjan. Cela veut peut-être dire quelque chose ? Bien sûr, il y a eu des moments forts en Europe, notamment aux 24 Heures de Spa 2011, où personne ne nous attendait. A cette époque il y avait encore une dose d’insouciance. Une chose est sûre, l’aventure était belle… »

Quel est ton meilleur souvenir de cette aventure Hexis Racing ?

« Le pire mais je crois le meilleur à la fin.  Je crois que c’est la Chine (Championnat du Monde FIA GT1 2011- Golden Port) quand nous avons perdu la course à 5 secondes de la fin.. Et la quasi certitude d’être champion du Monde équipe et certainement pilotes.. Les cris d’Andrea Piccini dans la radio, le choc, les visages de mon équipe, cela restera gravé en moi à jamais. C’est le moment le plus intense à leur ou je parle de ma carrière professionnelle. Il m’a montré à quel point notre métier et ce que l’on était en train d’accomplir ensemble était fort. Cet instant de choc et de tristesse m’a donné une force supplémentaire pour la suite, j’en suis certain. »

FIA World GT1 Beijing 2011. photo : V-IMAGES.com/FabreEt le pire ?

« Paul Ricard 2011 – championnat du Monde FIA GT1 – sortie de piste de Stef Dusseldorp en course 1. Stef sort très fort avant la ligne droite du mistral et la voiture est difficilement réparable pour le lendemain prenant en compte que ces anciennes GT1 était plutôt rares et idem pour les stocks de pièces détachées. On ne se résigne pas, on bosse toute la nuit et une seule pièce essentielle nous manque vers les 9h du matin. Une partie du porte moyeu arrière ou se loge la transmission.

20110717_FIA_GT1_HTTT_03_f437On demande à l’équipe concurrente Aston de nous prêter la pièce qu’ils ont en stock, leur ayant prêté des pièces au début de l’année comme à Abu Dhabi et tout simplement dans notre vision du sport de s’entraider et ensuite se battre sur la piste. Ils refusent car nous sommes en lutte pour le titre de champion du Monde…. A ce moment, on est tous très fatigués, Antoine était venu avec moi demander et se met à pleurer.. On rentre au stand, on le dit aux gars et fille. Ils s’en foutent, ils trouvent une solution de fortune et la voiture part pour la course de championnat (voiture 3 – Dusseldorp/Piccione). Cette voiture termine la course et marque 1 ou 2 points.. On est champion du Monde pour 3 je crois. Ce moment à été mon pire souvenir de sport auto. Ce n’est pas comme ça que je vois la vie et peut être que ce genre de comportements, dans d’autres circonstances, ont entrainé des enchaînements de situations bien plus dramatiques, voir des guerres…. Mais l’abnégation de l’équipe à ce moment ou nous n’avions plus de solutions avec Antoine est peut être LA plus belle chose que je retiendrai. Ne jamais jamais jamais abandonner. »

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